• Séquence 2: La musique et la danse contemporaine.

     

    La musique et la danse sont indissociables: Il faut de la musique pour danser.

    A toutes les époques et dans tous les pays, l'homme a dansé. A l'origine, il dansait en l'honneur des dieux. Puis la danse s'est mise à exprimer les joies et les peines des êtres humains (guerres, amour...) 

    L'art du chorégraphe est d'inventer des pas de danse, des gestes qui expriment une émotion, racontent une histoire intimement lié à une musique.

    Le compositeur fait jouer sa musique par des musiciens, le chorégraphe fait danser sa chorégraphie par des danseurs.

    Depuis le 16eme siècle, compositeurs de musique et chorégraphes travaillent ensemble pour interpréter des histoires avec leur art. 

    Un ballet est la mise en scène de cette association de la musique et de la danse pour raconter une histoire.

     

     "Le cygne" est une musique de Camille Saint Saens (1835-1921) composée en 1886 pour piano et violoncelle, on dit que c'est "un duo pour piano et violoncelle".

    Nous pouvons jouer des musiques anciennes car lors de leur composition, les œuvres musicales ont été écrites sur des partitions. On lit alors une partition et on joue la musique écrite sur un instrument.

                                                          Extrait de la partition "Le cygne" de Saint Saens:

    Séquence 2: La musique et la danse contemporaine.

     Nous allons regarder  deux interprétations chorégraphiques très différentes de cette composition musicale.

    La 1ere chorégraphie date de 1905, la 2eme chorégraphie date de 2011. 

     

    1ere chorégraphie:Extrait du ballet "La mort du cygne" Musique de  Camille Saint saëns ("Le cygne"1886), chorégraphie de Michel Fokine (1905) dansé par Maya Plisetskaya en 1975.

    Dans cet extrait nous voyons  un ballet de danse classique: La danseuse porte une tenue conventionnelle,  celle que tout le monde connait: Un bustier, un tutu (jupe de voile), un bustier, des chaussons de danse aussi appelés "pointes".

    La chorégraphie est tout à fait classique mais d'un très haut niveau technique. Entre autre:

    - Elle se déplace en pointes (Sur la pointe des pieds)

    - Ses bras en position 2 (horizontale) nous font penser à des vagues ou à les les ailes déployées d'un cygne.

    Sa représentation du cygne est celle d'un humain qui mimerait un cygne: (les bras, les jambes raides comme celles d'un oiseau)

    2eme chorégraphie: Extrait du ballet "La mort du cygne"  Musique de  Camille Saint saëns ("Le cygne"1886), chorégraphie de Lil Buck (2011) dansée par lui même:

    La tenue de Lil Buck est citadine:  Il porte un sweat shirt, un jean et une paire de baskets.

    Sa chorégraphie est largement inspirée du Jookin, danse hip-hop qu'il a inventée à Memphis aux USA. 

    Sa chorégraphie présente un cygne désarticulé.

    En particulier, notez les moments ou il execute  des ralentis. Cette façon d'alterner vitesse normale et ralentis dans sa choregraphie fait penser à certaines scènes du film "Matrix" réalisé par Andy et Lana Wachowski et sorti en 1999. 

     

     

     

    2-Deux chorégraphies composées sur la musique du " sacre du printemps"(1913) d'Igor Strawinsky (1882-1971)

    En écrivant la musique, Igor Stravinsky a eu une vision:

     

    "J'entrevis dans mon imagination le spectacle d'un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle, et observant la danse à la mort d'une jeune fille, qu'ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps»

                       

                          "Le sacre du printemps" composé en 1913 par Igor Strawinsky:

                  

     

    "Le sacre du printemps" est une musique de ballet jouée pour la 1ere fois en 1913.

     

     

                                                                           

     

     

                                      

     

    Vaslav Nijiiksky en 1913                                                                                                     Igor Stravinsky en 1913

     

       Chorégraphie N°1 du "Sacre du printemps" (1913) chorégraphie de Vaslav Nijiinsky (1913):   

     

    Vaslav Nijinski propose dans ce ballet une chorégraphie en totale opposition avec la tradition de la danse classique pour s'approcher de la vision de Strawinsky. Avec ce ballet, Nijiksky a ouvert la voie à la danse contemporaine:

    - les pieds sont en-dedans, piétinent le sol,  les poings serrés, les épaules voûtées. les danseurs sont penchés en avant et et font plus penser à des animaux, à des hommes préhistoriques qu à des êtres humains. 

    - Les danseuses, bien que plus gracieuses, font penser à des poupées russes, des personnages sortis d'un univers pictural*.

    - le port de tête oublié: la tête est souvent baissée ou penchée sur le coté. 

     

    Chorégraphie N°2 du "Sacre du printemps"(1913) chorégraphie de Pina Bausch (1975):

     En regardant cette video, nous voyons des danseurs affolés, errants, pris de convulsions, de terreur, courant dans  tous les sens. 

    Pina Bausch élabore ses chorégraphies, non en fonction des pas de la danse académique, mais en fonction des pulsions du corps humain.

     Elle accorde une place importante à l'improvisation des danseurs.

    Cette  chorégraphie de Pina Bausch semble privilégier la démonstration du désordre, de la terreur: Quelle  jeune fille va être sacrifiée ?

    "Tenir le temps" (2015) chorégraphie de Rachid Ouramdanemusique de Jean Baptiste Julien (2015):

     Rachid Ouramdane dit à propos de sa chorégraphie:

    "Ce travail chorégraphique propose une accumulation de mouvements qui, au bord de la saturation et du lisible, montre la formidable capacité d’adaptation du corps dans des états de précipitation et de dépassement de soi."

    "J’imagine un plateau vierge, complètement épuré. Peut-être un plateau dont on ne distinguerait plus trop les bords. J’imagine des actions rythmées, très musicales, composées selon des effets de mouvements -dominos, d’avalanches, des effets boule-de-neige, des réactions en chaîne."

    La musique est répétitive, jouée par des synthétiseurs*

     Exemple de synthétiseur: le Kingkorg:

     Benjamin Millepied: Chorégraphe et réalisateur:

    Clip de la musique "The weight of gold" (2013) du groupe "Forest Swords". 

    Réalisation du clip et chorégraphie: Benjamin Millepied  (Né à Bordeaux et actuel directeur de la danse de l'opera de Paris)Danseur: Billy Barry

        

    Le réalisateur et chorégraphe  Benjamin Millepied avait repéré le danseur Billy Barry à la Juilliard School (New York) il y a quelques années et a eu l’envie immédiate de travailler avec lui. Avec la réalisation du clip de "The Weight of Gold" le chorégraphe/réalisateur comble son envie.

    Cette oeuvre réalisée par Benjamin Millepied nous offre un aperçu de ce que peut être un art total au XXIeme siècle: L'association de la musique, de la video et de la danse.

    Que voit on dans ce clip ?

    Billy Barry nous livre ici une danse intense  sur les rives de la Mer Morte en Israël:

    Le danseur sort de la mer. Il marche dans un endroit désertique, arrive dans ce qui semble être une maison abandonnée et se met à danser.  Puis, il quitte cet endroit, traverse une ville et repart dans la mer.

    Qui est le personnage interprété par le danseur, un dieu venant de la mer, un extraterrestre ?

    A travers cette video , chacun peut y mettre l'histoire qu'il veut.

    Et la chorégraphie ? Avec une gestuelle très souple et androgyne* qui peut parfois faire penser aux postures d'une déesse Hindoue, avec le danseur qui a les cheveux longs et un visage très fin, ce clip brouille les cartes entre masculinité et féminité, entre orient et occident.

    La musique jouée par des synthétiseurs a elle aussi des accents orientaux. Elle nous plonge dans une atmosphère mystique*. 

     

    Sculpture d'une déesse Hindou

                                                                                                                                                 

    Androgyneêtre humain dont l'apparence ne permet pas de savoir à quel sexe il/elle appartient. 

    Hindoue (Hindouisme): religion polythéiste pratiquée en Inde.

    Un univers pictural: Un univers inspiré par le monde du dessin, de la bande dessinée.

    mystique:  En relation avec quelque chose qui relève du divin.

    Un synthétiseur: c' est un instrument de musique électronique à clavier (comme le piano) capable de créer et de manipuler des sons.